Les Belges sont de mauvais élèves en matière de protection UV

Les Belges sont de mauvais élèves en matière de protection UV

Environ 1 cancer sur 3 diagnostiqué aujourd’hui est une forme de cancer de la peau (mélanome ou non-mélanome). Le cancer de la peau reste ainsi le cancer le plus fréquent, avec l’incidence en plus forte augmentation, tant au niveau mondial qu’en Belgique. Pourtant, une grande partie de ces cancers est évitable grâce à une protection adéquate contre les rayons UV (soleil et bancs solaires).

Depuis 15 ans, la Fondation contre le Cancer suit l’évolution des connaissances, des attitudes et des comportements des Belges en matière de protection UV, tous les deux ans. Les derniers résultats montrent qu’il y a des progrès dans certains domaines, mais que beaucoup d’idées reçues et de comportements à risque persistent.

Connaissance insuffisante de la manière correcte de se protéger

Bien que 73 % des Belges déclarent être informés des mesures de protection contre le soleil, il apparaît que ces connaissances ne se traduisent pas par une mise en application des mesures de protection dans le bon ordre. Et 27 % des Belges déclarent être insuffisamment informés sur l’ordre des mesures de protection.
Cependant, les recommandations sont claires : Quand l’indice UV dépasse 3, il s’agit dans l’ordre de :

• Éviter le soleil et chercher l’ombre
• Porter des vêtements protecteurs
• Appliquer de la crème solaire

Bien que le fait d’éviter de s’exposer au soleil soit reconnu comme le plus efficace en matière de protection, la crème solaire reste dans la pratique le principal réflexe pour de nombreux Belges.

Les statistiques en matière de coups de soleil restent stables au cours de l’année la période écoulée :56 % des Belges déclarent avoir eu une forme de coup de soleil.
L’évolution des coups de soleil graves est alarmante. En 2011, 2 % des Belges déclaraient avoir été gravement brûlés. En 2025, ce chiffre est passé à 12 %.
Ce niveau élevé est préoccupant : plus on attrape de coups de soleil, plus le risque de cancer de la peau est important.

Si l’indice UV est connu, il n’est pas pris en compte de manière cohérente

L’indice UV est un indicateur important pour évaluer le risque de dommages causés par le soleil, mais sa prise en compte reste limitée. 55 % des Belges ont une bonne compréhension de ce qu’est l’indice UV et 6 d’entre eux sur 10 en tiennent compte.
L’indice UV permet de savoir quel comportement adopter face à l’intensité des UVs. Or, 26 % des Belges en tiennent rarement, voire jamais, compte et 11 % ne connaissent pas le concept.
Il est important de bien distinguer la chaleur et le rayonnement UV. Durant les mois de mars, avril et mai, l’indice UV est souvent supérieur à 3, ce qui rend le printemps tout aussi dangereux pour les coups de soleil que les mois d’été plus chauds.

Ce sont les jeunes qui prennent le plus de risques

Les résultats chez les jeunes (16–24 ans) sont particulièrement préoccupants. Seul 1 jeune sur 2 déclare se protéger du soleil pour éviter les coups de soleil. Or, 72 % ont indiqué avoir attrapé un coup de soleil au cours de l’année écoulée. Les coups de soleil graves avec frissons, cloques et fièvre restent un problème dans cette tranche d’âge, sans amélioration par rapport à l’application des mesures de protection adéquates.

Par ailleurs, les croyances suivantes demeurent tenaces :

  • 38 % pensent qu’un banc solaire est plus sûr que le soleil
  • 49 % croient qu’une peau bronzée protège contre les coups de soleil
  • 40 % préfèrent attraper un coup de soleil plutôt que de rentrer de vacances sans couleur
  • 60 % estiment qu’une peau bronzée est importante après l’été
  • 53 % jugent improbable de développer un jour un cancer de la peau

L’influence de la désinformation en ligne, en particulier sur la protection solaire joue un rôle dans cette situation. C’est d’ailleurs le thème central de la campagne d’Euromelanoma en 2026. L’influence de la désinformation en ligne, en particulier sur la protection solaire joue un rôle dans cette situation. C’est d’ailleurs le thème central de la campagne d’Euromelanoma en 2026.

« L’objectif de la campagne est d’atteindre un maximum de personnes avec des informations correctes, afin qu’elles se protègent mieux du soleil et puissent reconnaître précocement un cancer de la peau. Mais aujourd’hui, nous devons aussi remporter cette bataille en ligne », explique Thomas Maselis, dermatologue et président belge d’Euromelanoma.

Une autre évolution alarmante est celle des coups de soleil chez les enfants. En 2011, 0 % des enfants avaient attrapé un coup de soleil, alors que ce chiffre est de 13 % en 2025. Les résultats de l’enquête montrent qu’il existe un soutien favorable des Belges pour aborder ce thème à l’école et aménager suffisamment de zones d’ombre.

L’utilisation des bancs solaires ne diminue pas – malgré les risques !

Bien que l’utilisation reste relativement faible, elle demeure un point d’attention :
9 % ont utilisé un banc solaire au cours de l’année écoulée
6 % y vont plus de 5 fois par an

Les jeunes (16–24 ans) y ont souvent recours actuellement, tandis que les groupes plus âgés situent plutôt leur utilisation dans le passé. L’idéal de beauté -incarné par le bronzage- reste important dans cette tranche d’âge. 15 % des jeunes de 16 à 24 ans et 9 % des 24 à 35 ans déclarent utiliser un banc solaire.

Retrouvez ici toutes les infographies du moniteur UV

Une sensibilisation continue et une approche ciblée sont indispensables

Les résultats du moniteur UV 2025 montrent clairement que la combinaison de connaissances de base insuffisantes, d’attitudes inchangées et de comportements à risque indique un problème structurel. C’est aussi particulièrement présent chez certains groupes cibles, tels que les travailleurs en extérieur : alors que 12 % des Belges déclarent avoir été gravement brûlés par le soleil au cours de l’année écoulée (avec des symptômes tels que frissons, cloques, nausées et fièvre), ce chiffre atteint 32 % chez les travailleurs en extérieur. Pour eux, cela représente en outre une augmentation de 5 % par rapport à 2023.
Une approche large et structurelle reste nécessaire pour réduire le cancer de la peau en Belgique. Investir dans une information correcte, un changement de comportement et une protection dès le plus jeune âge est essentiel à cet égard.

Dans ce contexte, la Fondation contre le Cancer organise le jeudi 23 avril 2026, au Parlement fédéral, l’événement politique : « Prévention du cancer de la peau : constats, défis et actions pour la Belgique ».

Cet événement constitue l’aboutissement d’une série de tables rondes avec des décideurs politiques, des experts et des patients. Sur la base de ces discussions, la Fondation contre le Cancer a formulé une série de recommandations concrètes visant à renforcer structurellement la politique de prévention dans notre pays.