Face à la hausse constante des cancers de la peau et à des comportements à risque encore largement répandus, la Fondation contre le Cancer appelle à une réponse politique forte. Les preuves scientifiques sont claires : 70% des mélanomes et 95% des autres cancers de la peau sont causés par l’exposition aux rayons ultraviolets (UV). Dans ce contexte, maintenir l’accès aux bancs solaires n’est plus défendable. La Fondation contre le Cancer demande des mesures immédiates — interdiction de la publicité, contrôles renforcés — et appelle à organiser, sans délai, la disparition progressive des bancs solaires.
« Nous observons une augmentation continue et rapide des cancers de la peau en Belgique. Cette tendance est préoccupante et appelle à des mesures de prévention renforcées, car il s’agit en grande partie de cancers évitables liés à l’exposition aux rayonnements UV. »
-Bart Van Gool, Senior Data Manager, Belgian Cancer Registry
Bancs solaires : des expositions à haut risque, mais encore largement répandues
Côté comportements, le moniteur UV 2025 a montré que 9 % des Belges ont utilisé un banc solaire au cours de l’année écoulée, dont 6 % plus de cinq fois. Les 16 à 24 ans sont les utilisateurs les plus fréquents. Les idées reçues restent également très présentes : 38 % des 16–24 ans pensent qu’un banc solaire est plus sûr que le soleil.
Dans ce contexte, la banalisation des bancs solaires est particulièrement préoccupante. Contrairement à certaines croyances, ces appareils présentent un risque, et ce pour tous les types de peau.
Les jeunes, un public particulièrement vulnérable
Les jeunes restent un groupe particulièrement à risque. L’idéal de beauté associé à une peau bronzée continue d’être largement entretenu via les réseaux sociaux, les influenceurs et les promotions commerciales. Les jeunes de 16 à 24 ans sont les utilisateurs les plus fréquents.
Or, une peau bronzée n’est pas un signe de bonne santé, mais une conséquence des dommages tissulaires et lésions à l’ADN causés par les rayons UV.
Un risque clairement établi par la science
Selon des études scientifiques internationales, les personnes ayant déjà utilisé un banc solaire présentent en moyenne un risque accru de 20 % de développer un mélanome, la forme la plus agressive de cancer de la peau. Ce risque est presque doublé en cas d’exposition avant l’âge de 35 ans. On estime qu’environ 143 cas de mélanome par an en Belgique sont attribuables à l’utilisation des bancs solaires.
Par ailleurs, les bancs solaires sont classés comme agents cancérigènes de catégorie 1 par le Centre International de Recherche sur le Cancer de l’OMS, au même titre que le tabac et l’amiante. Même conformes aux réglementations techniques, certains appareils peuvent être 6 à 15 fois plus puissants que le soleil méditerranéen à midi.
Une réglementation insuffisante, des normes non respectées
La Belgique compte aujourd’hui plus de 2.000 exploitants de bancs solaires enregistrés, un nombre en augmentation ces dernières années. Dans le même temps, les contrôles du SPF Économie montrent qu’en 2024, 54,7 % des centres inspectés n’étaient pas en conformité. Les infractions constatées concernaient notamment l’absence d’avertissements visibles, des réglages incorrects ou encore le non-respect des délais d’attente entre les séances.
Ces constats montrent clairement que la réglementation actuelle ne suffit pas à protéger la population.
Sensibiliser ne suffit plus. La Fondation contre le Cancer appelle à des mesures fortes
Pour la Fondation contre le Cancer, il ne s’agit plus uniquement d’un enjeu de sensibilisation individuelle, mais d’un véritable enjeu de santé publique. Comme pour le tabac, il est nécessaire de dénormaliser progressivement l’usage des bancs solaires et de mieux protéger les jeunes face à une exposition évitable à des rayonnements UV cancérigènes.
La Fondation contre le Cancer appelle donc à :
• Interdire toute publicité en faveur des bancs solaires, afin de mettre fin à leur banalisation ;
• Renforcer les contrôles et garantir le respect strict de la législation existante ;
• Retirer les bancs solaires des centres de fitness, hôtels et espaces wellness, dont la présence est en contradiction avec des objectifs de santé et de bien-être ;
• Organiser, à terme, une interdiction progressive des bancs solaires en Belgique, en commençant par les centres de bronzage.