Infections cancérigènes et vaccination

Infections cancérigènes et vaccination

Diminuez les risques d’infections cancérigènes :  

  • Faites vacciner les filles et les garçons contre le virus de l’hépatite B et contre le virus du papillome humain (HPV) à l’âge recommandé (remboursé jusqu’à 19 ans en Belgique).  
  • Participez aux dépistages et traitements du virus de l’hépatite B et C, du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et de Helicobacter pylori. 

Infections cancérigènes et cancer

Les cancers ne sont pas des maladies contagieuses. Cependant, certaines infections chroniques causées par des virus ou des bactéries peuvent, à long terme, favoriser le développement de cancers. Agir sur ces infections, par la vaccination, le dépistage et le traitement, permet de réduire le risque de certains cancers.

Des virus impliqués dans le développement de cancers

Parmi les infections les plus fréquemment associées au cancer, on retrouve: 

  • les virus des hépatites B et C, qui constituent un facteur de risque important du cancer du foie ; 
  • les papillomavirus humains (HPV), responsables de plus de 95% des cancers du col de l’utérus, mais aussi d’autres cancers, chez la femme comme chez l’homme. 

C’est pourquoi il est essentiel que les enfants, les adolescents et les adultes concernés participent aux programmes de vaccination, ainsi qu’aux dispositifs de dépistage et de traitement lorsque ceux-ci sont disponibles.

Vaccination : beaucoup d’avantages et peu d’inconvénients

Quand une infection virale n’est pas éliminée par les défenses immunitaires du corps, le virus s’installe de façon chronique à l’intérieur de certaines cellules. Pour certains virus, cette situation

Même si aucun acte médical n’est totalement dépourvu de risques, les vaccins offrent de nombreux bénéfices pour un minimum d’inconvénients. 

Les vaccins préventifs protègent efficacement les personnes vaccinées contre certaines infections. Ils contribuent également à protéger les autres en réduisant la transmission de ces infections au sein de la population. 

Ils sont recommandés par nos autorités et professionnels de la santé, car leurs bénéfices, individuels et collectifs, sont largement supérieurs aux risques, qui restent très faibles.

Infections chroniques et mécanismes du cancer

Quand une infection virale n’est pas éliminée par les défenses immunitaires du corps, le virus s’installe de façon chronique à l’intérieur de certaines cellules. Pour certains virus, cette situation peut, à la longue, favoriser le développement d’un cancer. 

Hépatites virales : quels risques pour le foie ?

L’hépatite virale est une inflammation du foie, conséquence d’une infection par un virus. Les hépatites chroniques causées par les virus des hépatites B (VHB) C (VHC) et D (VHD) sont la première cause de cancer primitif du foie (dont l’origine se situe dans le foie) au niveau mondial. 

  • L’hépatite B se transmet principalement par les relations sexuelles, le sang et d’autres liquides corporels (salive, larmes, lait maternel) ; 
  • L’hépatite C se transmet principalement par le sang ;
  • L’hépatite D se propage le plus souvent lorsque des personnes partagent des aiguilles non stérilisées pour s’injecter des drogues. Elle peut aussi se propager par relation sexuelle. 

Évolution possible d’une hépatite virale

Une hépatite virale peut évoluer de deux façons : 

  • Le virus est éliminé par les mécanismes de défense du corps ou grâce aux traitements. La personne est alors guérie et il n’y a aucun risque particulier à long terme. 
  • Le virus persiste dans certaines cellules du foie et la maladie devient une hépatite chronique. Celle-ci peut, à la longue, évoluer vers une fibrose et cirrhose du foie, qui elle-même peut favoriser le développement d’un cancer primitif du foie (dont l’origine se situe dans le foie).

Papillomavirus humains et risques de cancer

Les papillomavirus humains (ou HPV pour Human PapillomaVirus) sont des virus très répandus. Il en existe plus de 200. La plupart des femmes et des hommes y sont exposés une ou plusieurs fois au cours de leur vie, sans s’en rendre compte. Ces virus se transmettent surtout lors des rapports sexuels (même sans pénétration) et sont très contagieux. Souvent, ils ne provoquent pas de symptôme et peuvent donc persister longtemps avant d’être découverts.

Évolution possible d’une infection par HPV

Une infection par HPV peut évoluer de deux façons : 

  • Dans 9 cas sur 10, le virus est éliminé spontanément par les mécanismes de défense du corps. Il n’y a alors pas de risque de cancer du col de l’utérus. 
  • Certains HPV peuvent par contre s’installer et persister dans les cellules du col de l’utérus. Ils transforment alors petit à petit les cellules normales en cellules cancéreuses. Cette transformation est en général très lente (entre 5 et 20 ans). 

Plus de 95 % des cancers du col de l’utérus sont la conséquence à long terme d’une infection chronique par des HPV. Ces virus peuvent aussi être responsables d’autres cancers, chez l’homme ou la femme (cancers de la bouche, du pharynx, du vagin, du pénis, de l’anus et de la vulve).

Se faire vacciner contre l’hépatite B

Le vaccin contre l’hépatite B offre une protection de 98 à 100% contre la maladie. Il s’administre par injection, en deux ou trois doses. Vous pouvez consulter les schémas de vaccination sur le site du  SPF Santé.

Qui est concerné par la vaccination contre l’hépatite B? 

La vaccination contre l’hépatite B est recommandée pour: 

  • les bébés ; 
  • les personnes voyageant dans des régions où l’hépatite B est fréquente ; 
  • certaines catégories professionnelles, notamment les travailleurs exposés aux produits sanguins ; 
  • les personnes atteintes de maladies chroniques du foie ou de conditions médicales affectant le foie. 

Un programme de vaccination gratuit pour les bébés

Le vaccin contre l’hépatite B est administré gratuitement aux bébés entre l’âge de 2 mois et 15 mois, dans le cadre du programme de vaccination de la Fédération Wallonie-Bruxelles et du programme de vaccination de la Région flamande. 

Parlez-en à votre médecin, ou à la consultation de l’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE) ou de Kind & Gezin.

Se faire vacciner contre les papillomavirus humains

Le vaccin contre les papillomavirus humains est efficace pour prévenir environ 70% des cas de cancer du col de l’utérus, car il cible les principales souches de HPV responsables de cette maladie. Cependant, il ne garantit pas une protection absolue. Par conséquent, même chez les femmes vaccinées, il est toujours recommandé de procéder à des dépistages réguliers. Le vaccin est administré par injection en trois doses distinctes sur une période de six mois.

Qui est concerné par cette vaccination ?

Le vaccin contre les HPV offre la meilleure protection si on le reçoit avant d’être exposé à ces virus, donc idéalement avant les premiers rapports sexuels. Et ce, chez les jeunes filles comme chez les garçons, puisqu’il s’agit de virus sexuellement transmissibles. 

Le Conseil Supérieur de la Santé recommande la vaccination : 

  • préventive généralisée des filles et des garçons de 9 à 14 ans 
  • de rattrapage pour les jeunes femmes et hommes de 15 à 26 ans qui n’ont pas bénéficié de la vaccination préventive généralisée 
  • des personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies, par exemple les personnes qui ont subi une transplantation ou sont atteintes du VIH

Vaccination gratuite des adolescents

Dans le cadre de leur programme de vaccination, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Région flamande mettent gratuitement des doses de vaccin à disposition pour la vaccination des filles et garçons âgés de 13-14 ans (ou qui fréquentent la 2e année de l’enseignement secondaire ou la 1ère année de l’enseignement différencié). Les adolescents nés à partir de 2006 qui ont raté ce moment de vaccination bénéficient aussi de ce vaccin gratuit, jusqu’à 18 ans inclus. 

Parlez-en à votre médecin ou au service de promotion de la santé à l’école de votre enfant. 

Dépistage et traitement des infections cancérigènes

Certaines infections associées au cancer peuvent être dépistées et traitées, ce qui permet de réduire le risque de complications à long terme. Le dépistage et le traitement concernent notamment les virus des hépatites B et C, le VIH et la bactérie Helicobacter pylori. 

Identifier ces infections à un stade précoce permet de mettre en place un suivi médical et, si nécessaire, un traitement, afin de limiter l’inflammation chronique et les lésions cellulaires pouvant favoriser le développement de cancers.

FAQ

Questions fréquentes

Comment me faire vacciner contre l’hépatite B ?  

Ce vaccin peut vous être administré par votre médecin généraliste. Si vous avez un bébé, il peut être vacciné gratuitement, entre l’âge de 2 mois et 15 mois, dans le cadre du programme de vaccination de la Fédération Wallonie-Bruxelles et du programme de vaccination de la Région flamande  Parlez-en à votre médecin, ou à la consultation de l’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE) ou de Kind & Gezin.

Puis-je également me faire vacciner contre l’hépatite C ?

Malheureusement non. Il n’existe pas à l’heure actuelle de vaccin préventif efficace contre le virus de l’hépatite C. En revanche, des médicaments antiviraux permettent de guérir plus de 95% des personnes infectées par le virus de lhépatite C. 

Comment me faire vacciner contre les HPV ?  

Ce vaccin peut vous être administré par votre médecin généraliste. Dans le cadre de leur programme de vaccination, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Région flamande mettent gratuitement des doses de vaccin à disposition pour la vaccination des filles et garçons âgés de 13-14 ans (ou qui fréquentent la 2e année de l’enseignement secondaire ou la 1ère année de l’enseignement différencié). Les adolescents nés à partir de 2006 qui ont raté ce moment de vaccination bénéficient aussi de ce vaccin gratuit, jusqu’à 18 ans inclus. Parlez-en à votre médecin ou au service de promotion de la santé à l’école de votre enfant. 

Dois-je me faire vacciner contre les HPV si j’ai déjà eu des relations sexuelles ?  

Oui. Le vaccin vous apporte encore une protection, même si vous avez déjà eu des relations sexuelles et avez déjà été en contact avec certains types de HPV. Mais une vaccination complète avant les premiers rapports sexuels reste plus efficace.

Je suis vaccinée contre les HPV, dois-je encore effectuer des dépistages du cancer du col de l’utérus chez mon gynécologue ? 

Oui. Il est important de continuer à faire régulièrement un dépistage. La vaccination diminue très fortement le risque de cancer du col de l’utérus, mais elle n’est pas une protection absolue. Le vaccin ne protège pas contre certains types plus rares de HPV. Des études sont en cours pour évaluer la protection de ces vaccins à long terme, mais il est estimé qu’elle devrait durer plusieurs décennies. À ce stade, rien n’indique d’une dose de rappel soit nécessaire.