Mars – Sensibilisation au dépistage du cancer du colon

Mars – Sensibilisation au dépistage du cancer du colon

Le cancer colorectal est considéré comme une cause importante de décès par cancer dans le monde, et depuis quelques années, une incidence croissante a été observée chez les jeunes adultes, soit avant 50 ans. Or, jusqu’à présent, une telle augmentation n’a pas été constatée en Belgique. 

Quelle pourrait en être l’explication ? Des données erronées ? Une sous-estimation du nombre de cas ?  Après vérifications auprès de la Fondation Registre du Cancer, * cette hypothèse est écartée.

Pourrait-il s’agir d’une différence liée à la génétique ? Non plus ! 

Alors où chercher ? Une piste intéressante pourrait être l’étude du microbiome, l’ensemble des micro-organismes présents dans les intestins. Le microbiome est influencé par le mode de vie, et en particulier certains facteurs comme le type d’alimentation, la pratique d’une activité physique, la prise d’antibiotiques…  C’est précisément en étant attentifs à ces facteurs clés et en adaptant son mode de vie que l’on peut mettre le plus de chances de son côté dans la prévention du cancer du côlon.  Il est donc particulièrement important de mieux comprendre le rôle du microbiome dans le développement de ce cancer.

Le cancer du côlon en quelques chiffres 

Le cancer colorectal fait partie des cancers les plus fréquents en Belgique, à la troisième place chez la femme et chez l’homme, avec au total près de 8000 nouveaux cas enregistrés chaque année. Il provoque plus de 2400 décès par an dans notre pays. (*) 

Heureusement, les taux de survie à 5 ans ont considérablement augmenté ces dernières années : actuellement, en Belgique nous sommes à 70,3%. Et bonne nouvelle : la recherche a fait, dans ce domaine, des progrès considérables. 

Le cancer du côlon se déclare le plus souvent chez les plus de 50 ans. Mais une tendance en Europe montre qu’environ 10 % de tous les cancers du côlon surviennent chez les jeunes adultes avant l’âge de 50 ans, et ce pourcentage tend à augmenter. En Belgique nous sommes encore à environ 7 % des cas dans cette tranche d’âge, alors qu’aux Etats-Unis, on s’attend à dépasser les 13 % d’ici quelques années.

La Fondation contre le Cancer soutient des projets de recherche visant à mieux comprendre les liens entre le microbiome intestinal et le cancer du côlon

Plusieurs projets de recherche soulignent le rôle du microbiome dans le développement, la progression et la réponse au traitement du cancer du côlon.  Ces projets sont très importants pour mieux comprendre le potentiel des interventions basées sur le microbiome pour améliorer les résultats des traitements. 

  • Prof. Lars Vereecke – UGent – Moteurs microbiens du développement et du traitement du cancer colorectal

La composition du microbiome influence la réponse à l’immunothérapie. L’équipe de recherche a découvert que différents types de bactéries et de champignons peuvent exacerber le cancer du côlon. « Nous voulons mieux comprendre comment ces micro-organismes affectent le cancer du côlon. Nous étudierons comment certaines « mauvaises » bactéries et certains champignons présents dans la tumeur contribuent à l’agressivité du cancer et, d’autre part, comment les « bonnes bactéries » peuvent améliorer l’efficacité de l’immunothérapie » a commenté le prof. Lars Vereecke.

Il s’agit là d’une recherche très innovante visant à développer de meilleurs traitements pour le cancer du côlon !

  • Prof. Marc Van den Eynde  UCLouvain & Prof. Raes Jeroen KU Leuven- – Étude du rôle et des caractéristiques des bactéries présentes dans les tumeurs et dans les métastases du cancer colorectal

Les bactéries retrouvées dans le cancer colorectal font l’objet d’un intérêt croissant en recherche clinique car elles pourraient être impliquées dans la progression du cancer et la formation des métastases. “Dans ce projet de recherche, nous étudierons par des techniques spécifiques les interactions entre les cellules cancéreuses et les bactéries intra-tumorales et comment ces dernières pourraient moduler l’immunité du patient, la croissance tumorale, la formation des métastases et la réponse aux traitements. » explique le Prof. Marc Van den Eynde.

Comprendre ces interactions ouvre donc la voie à des stratégies thérapeutiques innovantes et personnalisées pour moduler le microbiote intra-tumoral (l’ensemble des micro-organismes vivant dans la tumeur) et améliorer l’efficacité des traitements actuels et la survie des patients. 

La prévention sauve des vies ! 

L’incidence chez les jeunes belges pourrait donc être liée à un mode de vie entrainant moins de risques que dans les autres pays. Une excellente raison de continuer à adopter un mode de vie sain alliant alimentation équilibrée, activité physique régulière, en gardant un poids de forme, une consommation d’alcool modérée, sans tabac, et essayant de ne pas avoir trop recours aux antibiotiques… Ceci pour la prévention primaire et tout au long de la vie !    En prévention secondaire, pour les plus de 50 ans, participer aux dépistages organisés par les 3 régions du pays permettra un diagnostic précoce. Si ce test est positif, il entraine une colonoscopie et, si nécessaire, le prélèvement de petits morceaux de tissus pour analyse approfondie et/ou l’excision de polypes, avec de grandes chances de guérison. Le cancer colorectal est une maladie silencieuse, il faut donc la traquer afin de la prendre en charge à temps.

Dépistages systématiques proposés aux plus de 50 ans en Belgique

En Belgique, le dépistage systématique des cancers du gros intestin est proposé gratuitement, tous les deux ans, aux hommes et aux femmes âgés de 50 à 74 ans asymptomatiques et sans facteur de risque particulier. Il leur est demandé de réaliser une recherche de sang occulte dans les selles par un test immunologique (iFOBT, pour Immunological Faecal Occult Blood Test).

En fonction du lieu de résidence, les personnes concernées peuvent consulter le site de l’organisation responsable : 

🔹 Bruxelles : BruPrev
🔹 Wallonie : Centre de Coordination et de Référence pour le dépistage des cancers
🔹 Flandre: Centrum voor Kankeropsporing (CVKO)

Les personnes présentant des symptômes ou ayant des antécédents personnels ou familiaux doivent faire l’objet d’un suivi spécifique. Pour savoir quelle technique de dépistage est adaptée à votre situation personnelle, parlez-en toujours à votre médecin traitant. Le site web de la Fondation contre le Cancer contient de nombreuses informations sur le cancer colorectal et des recommandations pour réduire le risque de développer ce cancer.

(*) chiffres de la Fondation Registre du Cancer 2022