À l’occasion de Movember, campagne internationale de sensibilisation à la santé masculine menée chaque année en novembre, la Fondation contre le Cancer attire l’attention sur trois cancers spécifiquement masculins : les cancers de la prostate, du testicule et du pénis. Trois réalités différentes, mais le message est le même : face à un changement inhabituel qui persiste ou inquiète, il faut consulter sans attendre. La peur du diagnostic, la gêne ou les tabous ne devraient surtout pas retarder la consultation.
En Belgique, 12 535 nouveaux diagnostics de cancer de la prostate, 474 du testicule et 110 du pénis ont été enregistrés en 2024. Derrière ces chiffres se cachent des maladies très différentes par leur fréquence, l’âge auquel elles surviennent et leur évolution. Toutes rappellent cependant l’importance de connaître son corps et de ne pas banaliser un changement inhabituel au seul motif qu’il touche à son intimité.
Une difficulté persistante à uriner, une modification au niveau d’un testicule ou une lésion inhabituelle sur le pénis ne signifient pas nécessairement qu’il s’agit d’un cancer. Seul un professionnel de santé peut en rechercher la cause. Mais lorsque ces signes apparaissent, persistent ou évoluent, les faire évaluer rapidement permet soit d’être rassuré, soit d’engager sans délai les examens nécessaires.
Des symptômes intimes trop souvent passés sous silence
Les symptômes touchant la sphère intime ne sont pas toujours faciles à évoquer. La peur du diagnostic, l’embarras ou l’envie d’attendre « pour voir si cela passe » peuvent freiner la démarche. Or, lorsqu’un cancer est détecté à un stade précoce, les traitements peuvent souvent être moins lourds et les perspectives plus favorables. La Fondation contre le Cancer appelle donc les hommes à rester attentifs aux changements inhabituels et à en parler à leur médecin. Il ne s’agit pas de s’alarmer, mais plutôt de ne pas laisser un doute s’installer.
« Parler d’un symptôme intime peut être difficile. Mais aucun changement inhabituel ne devrait rester sous silence par peur ou par gêne. Consulter, c’est se donner la possibilité d’être rassuré ou, si nécessaire, d’agir rapidement. » Pierre Coulie, co-président de la Fondation contre le Cancer.
Trois cancers masculins, trois réalités
Cancer de la prostate : consulter pour des symptômes, s’informer sur la détection précoce
Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les hommes en Belgique. En 2024, 12 535 nouveaux cas ont été enregistrés. Bien que son pronostic soit généralement favorable, avec un taux de survie à 10 ans de 97 %, il reste une maladie à prendre au sérieux : 1 485 décès lui ont été attribués en 2023.
À un stade précoce, le cancer de la prostate ne provoque généralement aucun symptôme. Certains signes, comme des difficultés à uriner, un besoin d’uriner plus fréquent ou la présence de sang dans les urines, peuvent avoir des causes bénignes. Il est toutefois important d’en parler à un médecin lorsqu’ils apparaissent ou persistent.
En l’absence de symptômes, la question de la détection précoce peut également être abordée avec son médecin. Cette décision doit être prise au cas par cas, en tenant compte notamment de l’âge, des antécédents familiaux et de l’état de santé général. Le médecin pourra ainsi expliquer les bénéfices et les limites du dépistage, afin de permettre à chacun de faire un choix éclairé.
Cancer du testicule : repérer un changement et agir
Plus rare, le cancer du testicule touche principalement les hommes jeunes et les adolescents. En 2024, 474 nouveaux diagnostics ont été posés en Belgique, avec le plus grand nombre de cas dans la tranche d’âge de 30 à 34 ans.
Une masse, une modification de la taille ou de la forme d’un testicule, ou encore une sensation de lourdeur méritent un avis médical rapide. L’auto-examen, sous la douche par exemple, peut aider à remarquer un changement. Il permet de mieux connaître son corps, mais ne permet ni de poser un diagnostic ni d’exclure un cancer. L’Association européenne d’urologie encourage l’information des jeunes hommes sur ce geste et recommande l’auto-examen aux personnes présentant un risque accru, notamment un antécédent de testicule non descendu ou un antécédent personnel ou familial de cancer testiculaire.
Cancer du pénis : faire examiner une lésion inhabituelle
Ce cancer est beaucoup plus rare et reste moins connu. En 2024, 110 cas ont été diagnostiqués en Belgique. Comme pour les testicules, mieux connaître l’aspect habituel de son pénis peut aider à remarquer un changement. Sous la douche, par exemple, l’auto-examen permet d’identifier une lésion ou une plaie qui ne guérit pas, une modification de la peau, un saignement ou une grosseur inhabituelle qui méritent un avis médical rapide. Le caractère intime de ces symptômes ne doit pas conduire à reporter la consultation.
Cancerinfo est là pour écouter et orienter, mais il ne faut pas tarder à consulter !
Face à un symptôme inhabituel, le médecin généraliste reste le premier interlocuteur. Il peut évaluer la situation et, si nécessaire, orienter vers des examens complémentaires.
Pour poser une question, obtenir des informations fiables ou simplement parler de ses inquiétudes, les professionnels de Cancerinfo répondent gratuitement et en toute confidentialité au 0800 15 801. Ils écoutent, informent et orientent, sans remplacer une consultation médicale ni poser de diagnostic à distance.
« Une première question peut déjà aider à franchir le pas. Avec Cancerinfo, personne ne doit rester seul face à ses inquiétudes. » conclut Pierre Coulie, co-président de la Fondation contre le Cancer.