L’histoire de Claude Brasseur, bénévole

L’histoire de Claude Brasseur, bénévole

Claude a 91 ans et est bénévole à la Fondation contre le Cancer depuis 2024. Le décès de son épouse des suites d’un cancer du poumon a donné une nouvelle mission à sa vie : mettre son expérience de notaire et de juriste au service de la lutte contre le cancer.

Chaque mercredi après-midi, il est fidèle au poste au troisième étage de nos bureaux, au sein du service Legs. Il y apporte son expertise juridique, participe au suivi de dossiers et soutient la Fondation contre le Cancer grâce à son expérience professionnelle.

Avant cela, Claude a mené une carrière remarquable comme notaire, avocat et consul, en Belgique comme à l’étranger. Il a parcouru le monde, travaillé avec des personnalités influentes du monde politique et juridique et noué au fil des années de nombreuses relations professionnelles enrichissantes.

Selon lui, cette trajectoire ambitieuse est en grande partie le fruit de son éducation.

« Les études occupaient une place centrale dans ma famille. Mon père était un homme strict et attendait de mon frère et moi que nous soyons disciplinés et sérieux. À 24 ans, j’étais docteur en droit et titulaire de diplômes en criminologie et en notariat. Je rêvais de devenir diplomate, mais mon père ne le souhaitait pas. Il voyait plutôt mon frère médecin et moi notaire. »

« Après mon service militaire, j’ai eu l’opportunité de reprendre une étude notariale. Le souhait de mon père s’est alors réalisé. À 25 ans, j’étais le plus jeune notaire de Belgique. Au début, je m’appuyais beaucoup sur mes collaborateurs, mais je prenais mon travail très au sérieux et j’ai rapidement trouvé ma place. Les organisations professionnelles l’ont elles aussi remarqué. Je suis devenu vice-président de la Fédération Royale du Notariat belge, puis de l’Union Internationale du Notariat Latin. »

Une retraite qui n’en était pas une

« Après vingt ans de notariat, alors que je n’avais que 45 ans, j’ai estimé qu’il était temps de me lancer un nouveau défi. Un ami m’a parlé d’un cabinet d’avocats à Bordeaux qui recherchait quelqu’un souhaitant se spécialiser en droit international. Grâce à une autorisation exceptionnelle, malgré mon diplôme belge, j’ai pu y exercer et commencer ma carrière d’avocat. »

Un jour, Claude reçoit un appel de l’ambassadeur de Belgique à Paris.

« Il me proposait de devenir consul dans le sud-ouest de la France. Ma mission consistait notamment à faciliter les contacts politiques sur les questions européennes entre les Premiers ministres de la France et de la Belgique. »

« La plupart des gens prennent leur retraite à 65 ans. Pas moi. Je suis revenu à Bruxelles et me suis inscrit au Barreau de Bruxelles. J’ai rejoint un cabinet d’avocats de renom, où je suis devenu l’avocat d’une branche importante de la famille Picasso. Cette mission était si prenante qu’elle ne me laissait pratiquement pas de temps pour d’autres clients. »

« Quand j’ai eu 80 ans, je me suis dit qu’il était temps de passer le relais. Et pourtant, j’ai continué à exercer pendant encore cinq ans, jusqu’à mes 85 ans (rires). On ne se refait pas, n’est-ce pas ? »

Walda

Claude marque une pause.

« Rien de tout cela n’aurait été possible sans l’aide et le soutien de mon épouse, Walda. C’est elle qui s’occupait de nos deux enfants et du bon fonctionnement de notre foyer. Elle se présentait souvent comme “la fille de” ou “l’épouse de”, mais elle était tellement plus que cela. Elle était modeste, joyeuse, attentionnée, cultivée et toujours prête à aider. Un véritable rayon de soleil. Je le répète volontiers : tout ce que j’ai accompli, je n’aurais jamais pu le faire sans elle. »

«Walda fumait beaucoup et cela a fini par lui poser de gros problèmes respiratoires. Lors d’un voyage aux États-Unis, je lui ai fait croire que tout l’hôtel était non-fumeur. Cela a d’abord provoqué un moment de panique, mais, à ma grande surprise, elle a réussi à arrêter de fumer. »

« Le 8 septembre 2022, Walda est décédée des suites d’un cancer du poumon. Je me souviens avoir demandé à mes enfants ce qu’il me restait encore à accomplir dans la vie. La réponse s’est imposée très vite : consacrer le reste de mes jours à la Fondation contre le Cancer. »

Claude Brasseur

« J’ai pris contact avec Victoria, du service Legs, et depuis, je viens à la Fondation contre le Cancer chaque mercredi. Oui, même lorsqu’il fait une chaleur accablante et que l’ascenseur pour le troisième étage est en panne ! » (rires)

« Mes connaissances et mon expérience y sont appréciées. Je peux encore être utile. Et mon épouse en serait très heureuse. Le cancer est une maladie qui nous concerne tous. La Fondation contre le Cancer accomplit un travail indispensable. Les fonds récoltés permettent d’accélérer les progrès de la recherche. »

« Ma contribution est assurément modeste, mais de nombreuses gouttes finissent par former une rivière. »