Cancer du poumon : une augmentation significative chez les femmes

Cancer du poumon : une augmentation significative chez les femmes

Les professeures Els Wauters (UZ Leuven) et Mariana Brandao (Institut Jules Bordet) sont pleinement engagées dans la lutte contre le cancer du poumon, l’un des cancers les plus mortels et les plus fréquents en Belgique. Leurs recherches, soutenues par la Fondation contre le Cancer, pourraient ouvrir la voie à des avancées majeures dans le traitement du cancer du poumon qui, aujourd’hui, touche de plus en plus de femmes.

En effet : le nombre de diagnostics chez les femmes a plus que doublé au cours des vingt dernières années. Une augmentation qui, selon les projections, devrait se poursuivre, créant un mouvement de rattrapage par rapport aux hommes chez qui le nombre de cas est déjà élevé.

Le cas de Nicole

Nicole a reçu un choc terrible le jour où son médecin lui a annoncé qu’elle souffrait d’un adénocarcinome, une forme maligne de cancer du poumon non à petites cellules (ou CPNPC).

L’incompréhension est totale. Certes, elle ressentait quelques symptômes, mais elle n’avait jamais imaginé un seul instant qu’il puisse s’agir d’un cancer du poumon.

Il est vrai que, dans la plupart des cas, des symptômes tels qu’une toux persistante, une gorge enrouée ou un essoufflement n’ont absolument rien à voir avec un cancer du poumon. Mais parfois, hélas, c’est bien le cas. Et c’est précisément parce que ces signes sont si vagues et si courants qu’ils passent souvent inaperçus et que la maladie n’est détectée qu’à un stade avancé – ce qui rend le traitement plus difficile et plus complexe.

« Mais comment est-ce possible ? », s’est interrogée Nicole, désemparée par ce diagnostic. Elle a toujours mené une vie saine et équilibrée. Alors, pourquoi un cancer du poumon ?

Une maladie aux multiples facettes

Le cancer du poumon est une maladie complexe aux multiples facettes. Et ses causes sont tout aussi diverses : le tabagisme actif ou passif, l’exposition aux particules fines, à l’amiante ou à d’autres substances chimiques cancérigènes en milieu professionnel, par exemple. Mais pour l’heure, nous en savons encore trop peu sur d’autres facteurs de risque potentiels. Quel est le rôle de la prédisposition héréditaire ? Quelle influence exerce le microbiome pulmonaire ? Ou quel est l’impact des œstrogènes, l’hormone féminine ?

C’est précisément ce dernier point qui pourrait expliquer l’augmentation considérable du nombre de cancers du poumon chez les femmes.

Cette complexité fait du cancer du poumon une maladie qui mérite d’urgence une attention accrue et un investissement plus important dans la recherche. Et c’est précisément ce qui est en train de se produire – hasard ou non – grâce à deux chercheuses particulièrement engagées et soutenues par la Fondation contre le Cancer.

Des recherches porteuses d’espoir, pilotées par des femmes

La professeure Els Wauters (UZ Leuven) s’attache à mieux prédire quels patients tireraient profit de l’ajout d’une immunothérapie au traitement standard du cancer du poumon.

« Grâce à cette étude, certains patients pourraient accéder plus rapidement à la combinaison thérapeutique la mieux adaptée à leur situation. D’autres éviteraient un traitement plus lourd lorsque les chances d’en tirer un bénéfice réel sont faibles. Notre objectif est ainsi d’optimiser l’efficacité de l’immunothérapie tout en réduisant les effets secondaires inutiles ».

Prof. Els Wauters – UZ Leuven

La professeure Mariana Brandao (Institut Jules Bordet) étudie, quant à elle, comment les neutrophiles (globules blancs) survivent dans les tumeurs pulmonaires et s’il est possible d’influencer leur comportement sur le long terme.

Dr Marianna Da Rocha Almeida Brandao

« S’il s’avère que les neutrophiles favorisent la croissance tumorale, ces connaissances pourraient, à terme, ouvrir la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les personnes atteintes d’un cancer du poumon et peut-être aussi d’autres tumeurs solides. »

Prof. Mariana Brandao – Institut Jules Bordet

Soutenez la recherche

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